Près de 300 personnes, prises en flagrant-délit de « dopage » collectif. Une connexion des corps et des valeurs, pour passer de l’état de colère à celui du rapport de force. Voilà ce qui animé non pas un, mais deux débats, le 18 août 2025, sous les halles de Douarnenez.
Sous une chaleur à liquéfier n’importe quels lobbyistes - même les plus acharnés -, quatre femmes puissantes ont pris la parole. Non pas pour dire « moi, je », mais pour affirmer que « nous vivons un moment de bascule ».
Celui où un visage est venu percuter la toxicité de notre monde ; la complicité de certains politiques avec l’agrobusiness. Un visage dans lequel se sont retrouvés, en plein cœur de l’été, plus de deux millions de Françaises et de Français.
En réalité, ce visage est multiple.
Il peut être radical. À l’image d’une Fleur Breteau, du collectif Cancer Colère, qui n’hésite pas à parler de « lutte féroce » et annonce la couleur, pour la rentrée : « S’il faut que j’aille montrer ma cicatrice à Annie Genevard, je n’hésiterai pas. Politiser la maladie, c’est certes se retrouver face à un discours politique qui protège l’agro-industrie. C’est surtout remettre de la réalité, de l’expérience et du vivant face aux lobbies. »
Face à cette « fabrique du doute », il y a aussi le visage du désenfumage, Celui d’Amélie Mougey, nouvelle directrice du média Reporterre. Tenante d’un journalisme du fait, chiffré. Un journalisme qui fait également « le lien entre ces vies heurtées, ces vies brisées, tous ces morts et les données rigoureuses des scientifiques ».
Une équation qu’a vécu, dans sa chair, Rosy Auffray. Par la perte d’un être cher. Après une décennie de lutte acharnée, contre l’Etat et une partie du système judiciaire, Rosy et sa famille incarnent ces visages de la victoire. Cette reconnaissance officielle d’un lien de causalité entre la mort de son mari, de leur père, de leur frère et la toxicité des algues vertes.
« Des luttes, des doutes et des victoires. » Le thème de ce débat, en deux rounds face à l’afflux de citoyennes et de citoyens, que résume ainsi, la journaliste Inès Léraud : « La victoire de la famille Auffray, comme le visage de Fleur, c’est une mise en action, au service de tous, qui porte ses fruits de manière édifiante. »
Autant de visages, d’incarnation, que l’on retrouve aussi chez ces habitantes et habitants de Douarnenez. Depuis trois ans, elles et ils se réunissent pour faire émerger leur utopie, bien concrète : celle de voir exister la foncière Kazel à Kazel. En clair, l’achat de 16 ha de terre, situés juste au-dessus des bassins versants de la plage du Ris.
Une dynamique citoyenne pour « faire sortir ces terres, des griffes de l’agro-business ».
« Des luttes, des doutes et des victoires » est une coproduction de « Splann ! » avec le Festival de cinéma de Douarnenez.
🎧 Calage des invitées, animation et postproduction : Pierre-Yves Bulteau ; mise en ligne : Sylvain Ernault.
