« Splann ! » : quotidien d'enquête

« Splann ! » : quotidien d'enquête@splannenstudio

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Affaire Imerys Glomel : ce que révèle notre enquête, avec Celia Izoard sur la radio SUN
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Affaire Imerys Glomel : ce que révèle notre enquête, avec Celia Izoard sur la radio SUN

[👉 Consultez nos dernières révélations sur Imerys Glomel] C’est une vidéo choc tournée dans un lieu gardé à l’abri des regards. On y voit différents liquides s’écouler à même le sol dans un hangar sombre où serpentent de gros tuyaux. Tournée en 2021, elle a été transmise par un ancien ouvrier de la mine Imerys de Glomel, située dans le sud des Côtes-d’Armor. Celia Izoard connaît mieux que quiconque les dessous de cette industrie. Autrice de « La ruée minière au XXIe siècle »(Seuil, 2024), elle est revenue en Bretagne pour enquêter sur cette nouvelle affaire. Ce 31 mars 2026, c’est chez « Splann ! » que la journaliste et philosophe des sciences publie ses révélations sous le titre « Mine bretonne d’Imerys : plus de 3 000 litres de produits chimiques déversés en amont d’une réserve naturelle ». Il s’agit du sixième volet de notre dossier les conséquences environnementales, sanitaires et démocratiques de l’extractivisme dans notre région. En 2024 déjà, nous avions fait analyser des échantillons de sédiments du Kergroaz, un ruisseau qui coule non loin de la mine de Glomel. Les résultats traduisaient une contamination aux métaux lourds soixante fois supérieure à la valeur guide pour un bon état écologique en eau douce. Il y a-t-il un lien entre ceux deux affaires ? Celia Izoard a répondu aux questions de Julia Vastel, dans le RDV Médias de SUN, le 2 avril. 🎧 Présentation : Julia Vastel, SUN, Le Son unique à Nantes

Pourquoi la loi littoral n'empêche pas l'artificalisation des sols, avec Jérémie Szpirglas sur Radio Balises
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Pourquoi la loi littoral n'empêche pas l'artificalisation des sols, avec Jérémie Szpirglas sur Radio Balises

Deux fois moins peuplée qu’au début du siècle dernier, mais chaque année davantage grignotée par les constructions : telle est la trajectoire de l’île de Groix. Jérémie Szpirglas, co-auteur de notre enquête intitulée « Littoral breton : la tentation du béton », était l’invité de Radio Balises, le 31 janvier 2026, pour discuter des limites de cette urbanisation. Longue de 8 km, de la pointe de Pen-Men à l’ouest jusqu’à celle des Chats à l’est, l’île de Groix (56) abrite un peu plus de 2 310 habitants, à seulement trois milles nautiques du continent. Une population multipliée par dix l’été, quand les résidences secondaires se remplissent. Plusieurs rangées de néo-bretonnes, ces maisons pavillonnaires construites à partir des années 1960, relient le bourg à Port Mélite. Au micro de Radio Balises, Jérémie Szpirglas rappelle que l’objectif principal de la loi littoral est de « préserver les paysages remarquables que sont les paysages littoraux ». Mais tout est une affaire de nuances et d’exceptions. Ainsi, même dans la bande des 100 m, il est possible de construire, à condition que la zone soit déjà urbanisée ou que des activités liées à la mer soient en lien direct avec celle-ci. « L’idée n’est pas d’interdire l’urbanisation, mais de limiter le mitage », souligne notre journaliste. Difficulté supplémentaire : le trait de côte recule. « Des terres qui ne sont pas dans la bande des 100 m peuvent y entrer assez rapidement. » « Le problème, c’est que la loi littoral ne définit pas suffisamment les termes. Et quand elle les définit, elle le fait trop précisément, ce qui laisse beaucoup de situations de côté », ajoute Jérémie Szpirglas. Ce sont donc les juges qui décident ce qui est un hameau ou un village. L’enquête publiée par « Splann ! » début 2025 bat en brèche une idée reçue : il n’y a pas de corrélation entre bétonisation et dynamisme local. Sur un peu plus de 300 communes littorales, de l’Ille-et-Vilaine à la Loire-Atlantique, une soixantaine a perdu des habitants, fermé des classes tout en construisant beaucoup. Pour autant, est-il possible ou souhaitable d’arrêter toute construction ? 🎧 Animation : Agathe, Jeanne, Claire ; technique : Véro, pour Radio Balises.

Municipales en Bretagne, nos leçons en trois temps | Notre récap' de mars 2026
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Municipales en Bretagne, nos leçons en trois temps | Notre récap' de mars 2026

[👉 Abonnez-vous à notre infolettre mensuelle gratuite] Le Récap’ de « Splann ! », c’est notre rendez-vous mensuel pour mieux comprendre ce qui se passe en Bretagne. L’émission est coproduite avec BOA, radio associative trilingue (français, breton, gallo) à vocation régionale, diffusée en DAB+. Chaque mois, au micro de Nicolas Milice, Pierre-Yves Bulteau revient sur les révélations de notre rédaction et sélectionne des contenus qui éclairent les enjeux sociaux, écologiques et démocratiques de notre temps. Focus [Les enseignements des municipales en Bretagne sous la loupe de « Splann ! »](https://splann.org/muncipales-bretagne-enseignements/) ; [En marge du spectacle Luminiscence Rennes, des chanteurs en plein conflit de valeurs](https://splann.org/luminiscence-rennes-chanteurs/) ; Glané pour vous « Rural », nouveau média indépendant, part en campagne ; PFAS, de l'usine à l'assiette avec « Disclose » ; Critique littéraire : « Aqua », de Gaspard Koenig. Découvrez les projets agricoles, industriels et d’urbanisation qui surgissent en Bretagne sur notre site et participez aux enquêtes publiques pour faire entendre votre voix.

Quand le climat se dérègle : s'adapter ou construire, il faut choisir | Le récap' de « Splann ! » de février 2026
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Quand le climat se dérègle : s'adapter ou construire, il faut choisir | Le récap' de « Splann ! » de février 2026

[👉 Abonnez-vous à notre infolettre mensuelle gratuite] Le Récap’ de « Splann ! », c’est notre rendez-vous mensuel pour mieux comprendre ce qui se passe en Bretagne. L’émission est coproduite avec BOA, radio associative trilingue (français, breton, gallo) à vocation régionale, diffusée en DAB+. Chaque mois, au micro de Nicolas Milice, Pierre-Yves Bulteau revient sur les révélations de notre rédaction et sélectionne des contenus qui éclairent les enjeux sociaux, écologiques et démocratiques de notre temps. Focus À Tréveneuc, sur la côte de Goëlo, une catastrophe naturelle met en lumière les excès d’une urbanisation à marche forcée ; Le projet de nouvel hôpital de Saint-Malo remis en question par un important déficit et 12 millions d’euros de dettes. Glané pour vous L’Observatoire des atteintes à la liberté de la presse publie son premier rapport ; Eau et rivières de Bretagne, association à abattre pour le Rassemblement national ; Agri-voltaïsme : une cartographie qui laisse songeur ; « Splann ! » s’associe à « Bon Pote » autour de son projet Villes Futures ; Pouvoir emprunter les sentiers côtiers, un droit à défendre en Finistère. Découvrez les projets agricoles, industriels et d’urbanisation qui surgissent en Bretagne sur notre site et participez aux enquêtes publiques pour faire entendre votre voix.

« L'enseignement privé agricole est un terrain privilégié pour l'agro-industrie », Faustine Sternberg sur SUN FM
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« L'enseignement privé agricole est un terrain privilégié pour l'agro-industrie », Faustine Sternberg sur SUN FM

[👉 Lire notre enquête Lycées agricoles bretons : le privé creuse son sillon] En Bretagne, l’enseignement privé catholique scolarise plus d’un lycéen sur deux dans les filières de production agricole. Des établissements qui valorisent un modèle intensif dépendant de grandes firmes, a expliqué Faustine Sternberg au micro de Julia Vastel, dans Le Rendez-vous média, jeudi 22 janvier 2026, sur la radio nantaise SUN. Malgré une opacité bien entretenue, « Splann ! » a pu identifier de nombreux représentants de la FNSEA, du secteur bancaire ou de grandes entreprises agroalimentaires à la tête des conseils d’administration des lycées agricoles privés. Des acteurs qui inscrivent ces établissements comme des lieux de reproduction du système agroindustriel breton. « L’enseignement d’une agriculture paysanne ou biologique est parfois absent, constate Faustine Sternberg. Une grande majorité des exploitations adossées aux lycées privés sont en intensif. Certaines travaillent avec la Cooperl ou Nutréa [groupe Eureden, NDLR], de puissantes coopératives dimensionnées comme des multinationales. On peut imaginer qu’avec de tels partenaires, l’esprit critique dans l’enseignement soit limité. » Sous le quinquennat Hollande, le ministère de l’Agriculture a lancé le plan « Enseigner à produire autrement », dont l’objectif était de généraliser l’agroécologie dans l’enseignement agricole. Une orientation politique qui n’a officiellement pas été abandonnée, mais dont les autorités elles-mêmes semblent aujourd’hui se désintéresser, en dépit d’études pointant l’insoutenabilité des pratiques reposant sur les pesticides et les intrants de synthèse. « Le plan régional qui aurait dû être mis en place à partir de 2021 est resté à l’état de brouillon », a répondu à notre rédaction la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf) de Bretagne. Les lycées publics, plus soucieux de l’empreinte environnementale de l’agriculture, ne jouent pas à armes égales sur le plan financier. Leur budget est contraint, quand le privé peut diversifier ses ressources en s’appuyant notamment sur le mécénat, voire sur le sponsoring. Un déséquilibre structurel renforcé par des financements facultatifs versés par les collectivités, au premier rang desquelles le conseil régional de Bretagne. Résultat : les lycées privés peuvent, par exemple, proposer davantage de liaisons de bus. Un atout majeur pour séduire les familles en milieu rural. « Malgré une démographie en baisse, ils attirent davantage d’élèves, alors que dans les établissements publics, cela tend à diminuer », observe Faustine Sternberg. Cette enquête en quatre volets cosignée avec Chloé Richard est disponible en accès libre sur splann.org grâce aux dons de nos lectrices et de nos lecteurs.

Saint-Brieuc cède à la technopolice au nom de la propreté urbaine | Le récap' de « Splann ! » de janvier 2026
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Saint-Brieuc cède à la technopolice au nom de la propreté urbaine | Le récap' de « Splann ! » de janvier 2026

[👉 Abonnez-vous à notre infolettre mensuelle gratuite] Le Récap’ de « Splann ! », c’est notre rendez-vous mensuel pour mieux comprendre ce qui se passe en Bretagne. L’émission est coproduite avec BOA, radio associative trilingue (français, breton, gallo) à vocation régionale, diffusée en DAB+. Chaque mois, au micro de Nicolas Milice, Pierre-Yves Bulteau revient sur les révélations de notre rédaction et sélectionne des contenus qui éclairent les enjeux sociaux, écologiques et démocratiques de notre temps. Focus À Saint-Brieuc, une chasse aux dépôts d’ordures à coup de « pièges photo » à la légalité douteuse Saint-Malo, nouveau carrefour de l’extrême droite Les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, une entreprise florissante qui pollue en toute discrétion Glané pour vous À Lannion, la Polyclinique du Trégor obtient la suspension des opérations des cancers digestifs à l’hôpital ; Nantes abrite des bureaux des Nuits du bien commun, financées par Bolloré et Stérin ; Le wikipédien qui faisait disparaître les références au lobbying des multinationales sur l’encyclopédie travaille lui-même dans les « affaires publiques ». Découvrez les projets agricoles, industriels et d’urbanisation qui surgissent en Bretagne sur notre site et participez aux enquêtes publiques pour faire entendre votre voix.

Littoral : comment stopper la bétonisation, avec Denis Vannier et Jérémie Szpirglas
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Littoral : comment stopper la bétonisation, avec Denis Vannier et Jérémie Szpirglas

Le béton gagne du terrain sur nos côtes. Quels impacts pour le littoral breton et ses habitants ? Un an après la publication de leur enquête, nos journalistes Denis Vannier et Jérémie Szpirglas ont débattu des enjeux d’aménagement et d’habitat avec des élus et des chercheurs, le 20 janvier 2026, à la fac de lettres de Lorient. Sur les côtes bretonnes, l’artificialisation des sols progresse malgré la loi littoral votée en 1986. Selon l’enquête inédite de « Splann ! », près de 6 000 hectares de terres agricoles et naturelles ont disparu en dix ans, remplacés par des constructions, souvent des résidences secondaires. Ce bétonnage, loin d’être une solution miracle pour revitaliser les communes, s’accompagne parfois d’une baisse démographique et d’une fragilisation des écosystèmes. Les failles juridiques et le manque de contrôle des services de l’État interrogent l’efficacité réelle de la loi littoral et la capacité des collectivités à appliquer la zéro artificialisation nette (ZAN) d’ici 2050. À l’heure où le littoral breton subit une double pression – touristique et climatique –, Denis Vannier et Jérémie Szpirglas, journalistes de « Splann ! », ont pu présenter les chiffres et cartes de leur enquête. Ronan Le Delezir, adjoint au maire de Crac’h, président du Parc naturel régional du Golfe du Morbihan et enseignant-chercheur à l’UBS, Arnaud Le Montagner, directeur des études urbaines et de l’aménagement AudéLor et Jean-Michel Bonhomme, maire de Riantec et vice-président Lorient Agglomération ont quant à eux apporté leur regard d’élu et d’experts. Les intervenants Denis Vannier est journaliste d’investigation pour « Splann ! », média indépendant breton. Spécialiste des enquêtes environnementales et sociétales, il a co-signé l’étude sur l’artificialisation des sols et les dérives de l’urbanisation sur le littoral breton. Jérémie Szpirglas, journaliste pour « Splann ! », explore les impacts des politiques publiques sur les territoires. Ses travaux portent sur la loi Littoral, la zéro artificialisation nette (ZAN) et les enjeux liés à la bétonisation des côtes bretonnes. Ronan Le Delezir est adjoint au maire de Crac’h, président du Parc naturel régional du Golfe du Morbihan et maître de conférences en urbanisme à l’Université Bretagne Sud. Il travaille sur les politiques d’aménagement durable et la préservation des espaces naturels littoraux. Arnaud Le Montagner est directeur des études urbaines et de l’aménagement chez AudéLor, agence d’urbanisme, de développement économique et technopole du Pays de Lorient. Jean-Michel Bonhomme est maire de Riantec et vice-président Lorient Agglomération en charge de la planification, de l’aménagement territorial, du Scot, de l’urbanisme et du SIG. 🎧 Nous remercions la faculté de lettres, langues, sciences humaines et sociales de l’Université Bretagne Sud pour l’organisation de cette rencontre et la mise à disposition de cet enregistrement. Celle-ci est également disponible en vidéo.

Embauches, projets, idées d'enquêtes... Notre FAQ de janvier 2026 avec Caroline Trouillet, Marianne Kerfriden et Sylvain Ernault
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Embauches, projets, idées d'enquêtes... Notre FAQ de janvier 2026 avec Caroline Trouillet, Marianne Kerfriden et Sylvain Ernault

Caroline Trouillet, Marianne Kerfriden et Sylvain Ernault ont répondu à vos questions lors d’un chat vidéo sur YouTube, mardi 20 janvier 2026. L’occasion d’expliquer le fonctionnement de notre rédaction, nos projets de développement et de réagir aux suggestions d’enquêtes que vous nous avez adressées. « Posez-nous vos questions par mél ou en direct » : c’est l’invitation que nous avions lancée à un peu plus de 2 400 donatrices et donateurs ayant participé à notre campagne de fin d’année. Après cette collecte record de 153 000 €, qui financera une partie de nos activités en 2026, le rendez-vous était donné ce 20 janvier, à 18 h, sur notre chaîne YouTube. « Avez-vous prévu des actions pour que vos enquêtes soient relayées par les médias régionaux et nationaux ? » « Existe-t-il des réseaux pour échanger des informations ou partager des outils entre médias indépendants ? » « Lors de vos enquêtes, comment vous aider concrètement ? » « Répondez-vous à des invitations d’associations pour des conférences et, si oui, dans quelles conditions ? » Voici quelques questions adressées par Hervé, Pascal ou Agnès, portant sur notre fonctionnement, notre quête d’impact et l’appui de notre communauté de lectrices et lecteurs. De lanceur d’enquête à lanceur d’alerte Annick nous suggère de nous intéresser au sort des travailleurs étrangers qui font tourner les usines agroalimentaires bretonnes, les serres et les poulaillers industriels, dans des conditions souvent très difficiles, et parfois même indignes. Jean souhaiterait que nous nous penchions sur la « multiplication des antennes relais téléphoniques le long des voies ferrées », ainsi que sur les « éoliennes qui s’implantent le long des habitations ». Un commentateur anonyme se dit « intéressé de savoir ce qui se fait actuellement dans le public comme dans le privé pour accompagner des personnes âgées dont la langue maternelle est le breton ou le gallo et qui perdent l’usage du français ». Nicolas, qui a relevé que « Splann ! » se positionne comme « garanti sans IA générative », soulève le problème du basculement de certaines collectivités locales vers la production de visuels automatisés, au détriment des graphistes et des illustrateur·ices, dont les activités sont menacées. Vos inquiétudes pour l’environnement Sans surprise, les préoccupations écologiques dominent parmi les sujets abordés dans vos courriels. Si notre rédaction élargit progressivement ses centres d’intérêt, notre promesse d’enquêter sur les atteintes à l’environnement et les dessous du système agro-industriel semble plébiscitée. Ainsi, Thierry et Jean-Yves nous ont interrogés sur la persistance des marées vertes. Maat29 nous a demandé des nouvelles du documentaire de Kristen Falc’hon sur ce fléau qui touche durement la rade de Brest. Madeleine cherche, quant à elle, des conseils pour préserver les chemins ruraux de la destruction. Les récentes annonces du Premier ministre, Sébastien Lecornu, concernant un moratoire sur les décisions liées à la politique de l’eau et la préparation d’une « loi d’urgence agricole » vous inquiètent. Philippe nous demande « que faire face à la loi d’urgence agricole, qui satisfait toutes les demandes de la seule FNSEA, y compris la remise en selle de la loi Duplomb ? ». Pascal trouverait intéressant d’avoir notre opinion sur ces actualités, « non seulement en termes d’information […] mais aussi d’argumentation dans les débats que nous pouvons avoir dans nos différentes activités ». À notre tour de vous interroger Caroline Trouillet, coordinatrice de la rédaction, Marianne Kerfriden, journaliste de profession et membre du conseil d’administration, ainsi que Sylvain Ernault, journaliste chargé de l’animation de la communauté, ont tâché de répondre à toutes ces questions durant 90 minutes. En attendant de rééditer cet exercice de transparence, nous aimerions également vous solliciter. Seriez-vous partants pour un nouvel événement de l’ampleur de l’anniversaire de nos cinq ans, célébré en juin 2025 au cabaret-concert Run ar Puns, à Châteaulin ? Et, par hasard, auriez-vous connaissance d’un bon plan pour déménager nos bureaux dans un espace plus grand, à Guingamp ? Du fait des embauches permises par votre soutien croissant, nos journalistes commencent à sentir à l’étroit ! 😉

Luttes, doutes et victoires avec Fleur Breteau, Inès Léraud, Rosy Auffray et Amélie Mougey
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Luttes, doutes et victoires avec Fleur Breteau, Inès Léraud, Rosy Auffray et Amélie Mougey

Près de 300 personnes, prises en flagrant-délit de « dopage » collectif. Une connexion des corps et des valeurs, pour passer de l’état de colère à celui du rapport de force. Voilà ce qui animé non pas un, mais deux débats, le 18 août 2025, sous les halles de Douarnenez. Sous une chaleur à liquéfier n’importe quels lobbyistes - même les plus acharnés -, quatre femmes puissantes ont pris la parole. Non pas pour dire « moi, je », mais pour affirmer que « nous vivons un moment de bascule ». Celui où un visage est venu percuter la toxicité de notre monde ; la complicité de certains politiques avec l’agrobusiness. Un visage dans lequel se sont retrouvés, en plein cœur de l’été, plus de deux millions de Françaises et de Français. En réalité, ce visage est multiple. Il peut être radical. À l’image d’une Fleur Breteau, du collectif Cancer Colère, qui n’hésite pas à parler de « lutte féroce » et annonce la couleur, pour la rentrée : « S’il faut que j’aille montrer ma cicatrice à Annie Genevard, je n’hésiterai pas. Politiser la maladie, c’est certes se retrouver face à un discours politique qui protège l’agro-industrie. C’est surtout remettre de la réalité, de l’expérience et du vivant face aux lobbies. » Face à cette « fabrique du doute », il y a aussi le visage du désenfumage, Celui d’Amélie Mougey, nouvelle directrice du média Reporterre. Tenante d’un journalisme du fait, chiffré. Un journalisme qui fait également « le lien entre ces vies heurtées, ces vies brisées, tous ces morts et les données rigoureuses des scientifiques ». Une équation qu’a vécu, dans sa chair, Rosy Auffray. Par la perte d’un être cher. Après une décennie de lutte acharnée, contre l’Etat et une partie du système judiciaire, Rosy et sa famille incarnent ces visages de la victoire. Cette reconnaissance officielle d’un lien de causalité entre la mort de son mari, de leur père, de leur frère et la toxicité des algues vertes. « Des luttes, des doutes et des victoires. » Le thème de ce débat, en deux rounds face à l’afflux de citoyennes et de citoyens, que résume ainsi, la journaliste Inès Léraud : « La victoire de la famille Auffray, comme le visage de Fleur, c’est une mise en action, au service de tous, qui porte ses fruits de manière édifiante. » Autant de visages, d’incarnation, que l’on retrouve aussi chez ces habitantes et habitants de Douarnenez. Depuis trois ans, elles et ils se réunissent pour faire émerger leur utopie, bien concrète : celle de voir exister la foncière Kazel à Kazel. En clair, l’achat de 16 ha de terre, situés juste au-dessus des bassins versants de la plage du Ris. Une dynamique citoyenne pour « faire sortir ces terres, des griffes de l’agro-business ». « Des luttes, des doutes et des victoires » est une coproduction de « Splann ! » avec le Festival de cinéma de Douarnenez. 🎧 Calage des invitées, animation et postproduction : Pierre-Yves Bulteau ; mise en ligne : ‪Sylvain Ernault.